De la télépathie?

Toujours en quête d’une connectivité améliorée qui nous ferait passer d’ Internet — qui constitue possiblement l’apogée en matière d’interconnectivité entre machines – à quelque chose comme humanet, un système d’interconnectivité axé sur l’humain.

Les plus récents avancements technologiques – qu’on semble associer à la miniaturisation, vraisemblablement parce que ça nous arrange de le voir ainsi, davantage que de reconnaître la volonté d’être soi-même relié. Twitter, Facebook, et tous les réseaux sociaux modernes ont pourtant des fonctions qui permettent une mise à jour en temps réel, sur le réseau, à partir d’appareils portables. Autrement dit, nous sommes reliés, mais il demeure un intermédiaire.

Cependant, nous sommes scientifiquement capables de capter les influx nerveux. Certains appareillages orthopédiques tirent profit de cette capacité en effectuant des mouvements « par la seule force de la pensée ». Si cela fait demander à certains quelle est la part d’humanité qui demeure dans ces circonstances (Une personne amputée disposant de prothèses est-elle à 73 % humaine si l’on sait que les organes du corps humain ont une mémoire qui fait partie, sinon de la conscience, à tout le moins de l’inconscient.?!), nous y voyons plutôt une ouverture. An open port.

Le cerveau est un des éléments du système nerveux central. Il émet de ces influx, aussi bien que les terminaisons nerveuses d’un moignon de bras.

Il est donc possible d’envisager une technologie de télépathie, qui tirerait profit de cette émission d’influx, la capterait. Ne reste plus qu’à savoir encoder cela ; la transmission fonctionne déjà. À l’autre extrémité du canal, quelque forme de retransmetteur qui saurait induire la charge appropriée, l’influx, pour que le message se rende. Ainsi, le client, pour parler en termes de réseautage, recevrait l’information émise du serveur.

La majorité des réseaux ont fait leurs débuts en méthode « post », c’est-à-dire que le serveur envoie l’information, généralement en continu, et le client ne retient que ce qui lui est utile. Ainsi fonctionnaient jadis les systèmes de transmission des grands réseaux d’information, principalement parce que la technologie duplex (information échangée dans les deux sens) était difficile à mettre en fonction. CNN, par exemple, émettait sur une fréquence imperceptible à l’écran de son signal satellite tout ce qui passait par sa salle des nouvelles : manchettes, résultats sportifs, cotes boursières, etc. Nous avions chez nous un décodeur qui transmettait le signal télévisuel dans les câbles coaxiaux de la maison, et un signal numérique via un cable RS 232 (l’ancêtre du USB) jusqu’à l’ordinateur. Un logiciel filtrait toute cette information et ne retenait que ce qui était pertinent, générant des fichiers (outputs) régulièrement comme s’il s’agissait d’une page web. (Mais une très très vieille page web!!)

Puis, la conception du réseau se perfectionnant, est apparue ma méthode « get », qui permettait via un modem téléphonique d’envoyer au serveur de CNN l’information que NOUS voulions, et qui nous était ensuite retransmise par satellite, ultra rapidement. Plutôt que d’avoir un flot d’information inutile, à trier et qui engorgeait nos disques durs (de 100 mb à l’époque, soit l’équivalent de quinze MP3 de trois ou quatre minutes), tout était ciblé. C’est encore cette méthode qu’utilisent les FAI (fournisseurs d’accès Internet) dans les régions qui ne sont pas desservies par la câblodistribution.

De la même manière, notre système de transmission d’information nerveuse commencerait probablement par n’exister que sous la forme « post », et sans doute l’induction dans le cerveau du récepteur posera encore problème pour quelques années. Cependant, les technologies des télécommunications sont sans aucun doute assez avancées pour soutenir la méthode « get » pour de tels transferts ; du moment que l’on pourra induire l’information au cerveau, la télépathie SERA possible.

Cela dit, tout encodage numérique est nécessairement restrictif, contraignant. Tout ce qui fait passer l’énergie d’une forme à une autre – qu’on nomme transducer provoque une perte de signal. C’est pourquoi, avant l’avènement du numérique, on tâchait de réduire la longueur des chaines de transmission du signal. Avez-vous déjà fait un appel téléphonique de Windigo (Qc) à Paris (Fr) ? Radio à antenne, antenne à retransmetteur à autre antenne à récepteur-opérateur qui compose pour vous le numéro de téléphone, puis ça part chez Bell, jusqu’à la côte Est, câblage sous-marin (ok, satellite, maintenant!), France télécom, etc. Entre votre « bonjour » et la réponse, il peut facilement se perdre de 15 à 20 secondes.

Les transducers sont donc à éviter comme la peste. La bonne nouvelle, c’est que dans le monde numérique, l’information ne change pas de forme d’énergie. Elle reste en zéros et uns, et on peut récupérer l’information perdue, s’il y en a. Le seul problème qu’il subsiste, c’est que le passage de l’analogique au numérique (l’inverse pose moins problème) occasionne une perte : nécessairement, l’encodage écarte une partie des données, à moins de les reconstituer. Exemple : vous dessinez un rond sur une feuille de papier, que vous numérisez. En apparence, le rond numérisé tel qu’il apparaît à l’écran est le même que celui que vous avez dessiné. Or, si vous utilisez l’outil loupe sur votre logiciel d’imagerie et que vous faites un zoom 400x, vous commencerez à voir apparaître les pixels de votre cercle ; lesquels pixels n’existent évidemment pas si vous regardez votre feuille de papier au microscope 400x. Plutôt vous verrez un peu de la fibre du papier, sans doute, qui n’apparaît pas à l’écran. Ça aussi, c’est un transducer.

Cela est inévitable, à moins de vectoriser votre cercle, dans le logiciel d’imagerie. Alors, le logiciel tentera, au mieux et selon les zones d’ombre de votre trait circulaire, de recréer le plus fidèlement possible le dessin qu’on lui donne à analyser. Et vous pourrez zoomer, zoomer et zoomer encore, vous ne verrez plus que le trait. Jamais de pixels. Au lieu de retenir qu’il y a un carré (pixel) blanc, puis un gris, puis un noir, puis un gris, puis un blanc, et sur la ligne suivante un blanc, un gris, etc… (ce qui est une cartographie de l’image numérisée, en fait, tous les .JPG ; .GIF; .BMP fonctionnent ainsi), votre logiciel retiendra que vous avez tracé un cercle de 0,4 m. à partir du point 304.299 vers la gauche à 40°, diamètre 20 cm, puis que vous avez dévié (vous ne tracez pas les cercles parfaitement) à 40.009°, diamètre 30 cm, avec un force plus intense (donc plus foncé)… etc. Plutôt que le résultat, l’ordinateur déduit de votre dessin la démarche.

C’est la même chose exactement qui procède lorsque vous utilisez le format musical MIDI. Ça sonne « can », mais ça ne peut pas distortionner. Sauf si vous l’imposez. L’erreur n’est plus possible, absolument plus possible (sauf, en ce qui a trait au rythme, si vous faites rouler tous vos logiciels en même temps et que le processeur de l’ordinateur ne fournit plus).

Selon toute vraisemblance, donc, le cercle vectorisé de tantôt sera un peu plus près de la perfection que celui que vous avez tracé. Ça constitue encore un problème, peut-être. La vectorisation peut avoir de la difficulté à générer des erreurs, alors que vous, vous y êtes experts.

Si notre transducer neuronal parvient à vectoriser ce qu’il capte, nous nous rapprochons d’une télépathie parfaite.

Nous continuerions de faire des erreurs, mais l’exprimerions parfaitement. À moins de penser tout croche ?!?!

Commentaires

  1. […] est, humains, à mi-chemin entre l’animal d’où l’on vient et la machine qu’on a voulue plus parfaite que nous. Cet à-mi-chemin, on a appelé ça la civilisation, et […]