Le tour

Peut-être a-t-on fait le tour. Circonscrit le sens de tout ceci. Sans doute, on avance. Sans espoir, avec juste ce qu’il faut de confiance pour croire qu’il n’y a pas de murs insurmontables devant soi. De part et d’autre de chacun d’eux, un escalier de ciment se dessine dans une alcôve. Nul ne saura où ils mènent, et surtout s’ils mènent au même endroit.

Nous en choisirons un, de droite, de gauche, l’escaladerons, à chaque pas correspondant un battement de coeur, de ceux qui nous font frémir toute la cage thoracique, à chaque marche, une répercussion sur les tempes, et la chaleur au visage, qui s’enfle sous l’effort et la rougeur. Le vide, qui siffle au tympan. Le froid contre les joues, flagelle la peau, laminairement.

Dans l’air brumeux du matin de l’automne tardif, baigné de la lumière bleuâtre du petit jour, perçant au travers de quelques flocons écartés de leur tempête, j’irai,
droit devant,
vers un de ces murs.

Prendrai à gauche,
ou à droite selon l’humeur du moment,
et le sourire que j’apercevrai, à droite, à gauche, je gravirai les marches,
mon Kilimandjaro à moi,
ma cause ne soulèvera pas d’engouement, je m’engouffrerai derrière le muret
de béton,
je ferai l’ascensscssion, longue, dans la noirceur du petit jour qui n’a pas encore su
gagner
ce qu’il faut de conviction
pour illuminer la voie couverte

je monterai les marches, celles du bord de la route, là,
dans cette grotte construite par l’homme, par science et technique…

j’irai….

De moi ou du décor, je ne sais rien de ce qu’il adviendra.

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